étude

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étude

étude [ etyd ] n. f.
‚ÄĘ estuide, estudieXIIe; lat. studium ¬ę ardeur, √©tude ¬Ľ
I ‚ô¶ Application m√©thodique de l'esprit cherchant √† apprendre et √† comprendre. Aimer l'√©tude (‚áí studieux) . Son ardeur √† l'√©tude. ¬ę L'√©tude a √©t√© pour moi le souverain rem√®de contre les d√©go√Ľts de la vie ¬Ľ (Montesquieu).
1 ‚ô¶ Sp√©cialt Effort intellectuel pour acqu√©rir des connaissances. Se consacrer √† l'√©tude du grec, du droit. ¬ę je pense que l'√©tude des langues anciennes pourrait √™tre abr√©g√©e consid√©rablement ¬Ľ (Diderot). Abandonner l'√©tude du piano.
‚ôĘ Au plur. LES √ČTUDES : s√©rie ordonn√©e de travaux et d'exercices n√©cessaires √† l'instruction. Faire des √©tudes, ses √©tudes : parcourir successivement les divers degr√©s de l'enseignement scolaire. Pendant ses √©tudes. Faire de bonnes, de longues √©tudes. Commencer, poursuivre, achever, interrompre, reprendre ses √©tudes. Le cours, le cycle, la dur√©e des √©tudes. ‚áí cursus. ¬ę Je n'ai pas eu la chance d'avoir des parents riches pour me payer mes √©tudes ¬Ľ (Sartre). Bourse d'√©tudes. √Čtudes obligatoires. ‚áí scolarit√©. √Čtudes primaires, secondaires, sup√©rieures, universitaires. ‚áí √©cole, enseignement. Examens, dipl√īmes de fin d'√©tudes. ‚áí brevet, certificat. √Čcole des hautes √©tudes commerciales (H. E. C.). Institut des Hautes √Čtudes. √Čtudes d'anglais, de th√©ologie, de droit, de m√©decine (‚áí √©tudiant) . ‚ÄĒ Loc. Ses ch√®res √©tudes : ses activit√©s ant√©rieures et priv√©es. Renvoyer un homme politique √† ses ch√®res √©tudes.
2 ‚ô¶ Effort intellectuel orient√© vers l'observation et l'intelligence des √™tres, des choses, des faits. ‚áí science; -logie, -nomie. L'√©tude de la nature. L'√©tude des lois physiques, sociales, √©conomiques. L'√©tude des textes, d'un texte litt√©raire. ‚áí explication. ¬ę on a donn√© trop d'importance et d'espace √† l'√©tude des mots, il faut lui substituer aujourd'hui l'√©tude des choses ¬Ľ (Diderot). ‚áí analyse. ‚ÄĒ L'√©tude du cŇďur humain.
‚ôĘ Examen. √Čtude d'une question, d'un projet, d'un contrat, d'un devis. Mettre un projet de loi √† l'√©tude. Bureau, commission, comit√© d'√©tudes. Voyage, mission d'√©tudes. ‚áí prospection. ¬ę quelques voyages d'√©tudes dans le Bas-Congo, pour fixer l'emplacement des usines ¬Ľ (Maurois). √Čtude de cas, √©tude sur dossier, sur le terrain (en sciences humaines).‚ÄĒ Comm. √Čtude de march√©.
II ♦ Ouvrage résultant de cette application d'esprit. ⇒ essai, 1. travail.
1 ♦ Ouvrage littéraire étudiant un sujet. Publier une étude sur Balzac.
2 ‚ô¶ Repr√©sentation plastique constituant un essai ou un exercice. Peintre, sculpteur qui fait des √©tudes de main. ‚áí esquisse. Il ¬ę fit de bonnes √©tudes √† l'huile du colonel Parker et du major Knight ¬Ľ ( Maurois).
3 ‚ô¶ Composition musicale √©crite pour servir (en principe) √† exercer l'habilet√© de l'ex√©cutant. √Čtudes pour piano. √Čtudes de Chopin.
III ‚ô¶ (Lieu)
1 ‚ô¶ Salle o√Ļ les √©l√®ves travaillent en dehors des heures de cours; par ext. Temps pass√© √† ce travail. ‚áí permanence. Aller en √©tude. Faire ses devoirs, apprendre ses le√ßons √† l'√©tude. Vieilli Ma√ģtre d'√©tude, surveillant les √©l√®ves, particuli√®rement durant l'√©tude. ‚áí r√©p√©titeur; 1. pion, surveillant. Les √©l√®ves ¬ę dormaient dans l'atmosph√®re empuantie de l'√©tude ¬Ľ (Rimbaud).
2 ‚ô¶ Local o√Ļ travaille un officier minist√©riel. Panonceau signalant une √©tude de notaire. Passez √† mon √©tude. ¬ę L'√Čtude √©tait une grande pi√®ce orn√©e du po√™le classique qui garnit tous les antres de la chicane ¬Ľ (Balzac).
‚ôĘ Par m√©ton. La charge avec sa client√®le. C√©der son √©tude √† son premier clerc.

‚óŹ √©tude nom f√©minin (latin studium, z√®le) Travail de l'esprit qui s'applique √† conna√ģtre, √† approfondir quelque chose : Se consacrer √† l'√©tude des langues. Effort intellectuel tourn√© vers l'acquisition de connaissances, vers l'apprentissage de quelque chose : Aimer l'√©tude. Effort intellectuel orient√© vers l'observation et la compr√©hension des √™tres, des choses, des √©v√©nements, etc. : L'√©tude du milieu, de la nature. Travail pr√©paratoire de mise au point ou de recherche : L'√©tude d'un projet. Examen approfondi de quelque chose ; analyse : L'√©tude d√©taill√©e d'un texte. Ouvrage r√©sultant d'un travail intellectuel de recherche, d'observation, etc. : Publier une √©tude sur l'√©conomie am√©ricaine. Vieux. Cabinet de travail. Dessin, peinture ou modelage ex√©cut√©s d'apr√®s nature, afin de saisir la r√©alit√© sur le vif. (L'√©tude peut √™tre ex√©cut√©e pour elle-m√™me, ou comme pr√©paration d'une Ňďuvre plus √©labor√©e.) Charge d'un officier minist√©riel (notaire, avou√©, huissier, commissaire priseur, etc.) ; locaux, bureaux o√Ļ ils exercent leur activit√©. Plage horaire, √† la fin de la journ√©e scolaire, permettant aux √©l√®ves qui le d√©sirent de faire leurs devoirs et d'apprendre leurs le√ßons sous la surveillance d'un enseignant. Salle o√Ļ les √©l√®ves travaillent en dehors des heures de cours. Morceau de musique, compos√© dans un dessein didactique. ‚óŹ √©tude (citations) nom f√©minin (latin studium, z√®le) Victor Hugo Besan√ßon 1802-Paris 1885 [‚Ķ] Ces choses-l√† sont rudes. Il faut pour les comprendre avoir fait ses √©tudes. La L√©gende des si√®cles, les Pauvres Gens Michel Eyquem de Montaigne ch√Ęteau de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-ch√Ęteau de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 Le gain de notre √©tude, c'est en √™tre devenu meilleur et plus sage. Essais, I, 26 Charles de Secondat, baron de La Br√®de et de Montesquieu ch√Ęteau de La Br√®de, pr√®s de Bordeaux, 1689-Paris 1755 L'√©tude a √©t√© pour moi le souverain rem√®de contre les d√©go√Ľts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture ne m'ait √īt√©. Mes pens√©es Talmud Tout contentement est bon ; le contentement dans l'√©tude est mauvais. Talmud, Berakhot, IX, 8 Poul Martin M√łller Uldum, pr√®s de Vejle, 1794-Copenhague1838 C'est souvent la pauvret√© de l'esprit qui rend les gens studieux. Pens√©es d√©tach√©es Alexander Pope Londres 1688-Twickenham 1744 L'√©tude propre de l'homme est l'homme. The proper study of mankind is man. Essai sur l'homme, I, 1 ‚óŹ √©tude (difficult√©s) nom f√©minin (latin studium, z√®le) Orthographe 1. Salle d'√©tude, ma√ģtre d'√©tude (= salle o√Ļ les √©l√®ves travaillent en dehors des heures de cours, √©tude surveill√©e), sans s √† √©tude. 2. Bourse d'√©tudes (= accord√©e pour mener des √©tudes), avec un s √† √©tude. Bureau d'√©tudes, centre d'√©tudes (= o√Ļ l'on m√®ne des √©tudes, des projets), avec un s √† √©tude. 3. Voyage d'√©tude ou d'√©tudes (= destin√© √† mener √† bien une √©tude, une enqu√™te, ou √† poursuivre des √©tudes), peut √™tre √©crit, en fonction de la situation ou du contexte, avec ou sans s √† √©tude. ‚óŹ √©tude (expressions) nom f√©minin (latin studium, z√®le) √Ä l'√©tude, qui est l'objet d'un examen, d'une recherche : Question √† l'√©tude. Bureau d'√©tudes, service d'une entreprise ou entreprise sp√©cialis√©e charg√©s de la conception technique des produits (d√©finition du cahier des charges et construction d'un prototype). D'√©tude, destin√© √† l'apprentissage : Piano d'√©tude.

étude
n. f.
rI./r Activit√© intellectuelle par laquelle on s'applique √† apprendre, √† conna√ģtre. Une vie consacr√©e √† l'√©tude.
d1./d Cette activité en tant qu'effort particulier d'observation, d'analyse, de compréhension. étude des moeurs.
‚ÄĒ Voyage d'√©tudes.
|| Ensemble des t√Ęches de conception et de pr√©paration pr√©alables √† la r√©alisation d'un ouvrage, d'une installation, etc. √©tude pr√©liminaire. Bureau d'√©tudes.
‚ÄĒ Le projet est √† l'√©tude, est examin√©.
d2./d Effort intellectuel appliqué à l'acquisition ou à l'approfondissement de telles ou telles connaissances. L'étude du solfège, des mathématiques.
|| Plur. Les études: les degrés successifs de l'enseignement scolaire, universitaire. Faire des études.
rII./r
d1./d Ouvrage littéraire ou scientifique sur un sujet que l'on a étudié. Publier une étude sur tel sujet.
d2./d Dessin, peinture, sculpture préparatoires, ou exécutés en manière d'exercice. études de visage.
d3./d MUS Exercice de difficulté graduée, pour la formation des élèves.
rIII/r
d1./d Salle d'√©tude ou, ellipt., √©tude, o√Ļ les √©l√®ves travaillent en dehors des heures de cours.
‚ÄĒ Temps r√©serv√© au travail en salle d'√©tude. Avoir deux heures d'√©tude.
d2./d Lieu de travail d'un officier ministériel ou public. étude de notaire, d'huissier.
‚ÄĒ Charge de cet officier, √† quoi s'attachent les dossiers, la client√®le. Vendre son √©tude.

‚áí√ČTUDE, subst. f√©m.
I.‚ÄĒ Application m√©thodique de l'esprit, cherchant √† comprendre et √† apprendre. Les deux seuls biens que je demande, l'√©tude et le repos (CONSTANT, Journaux, 1804, p. 159). Toutes les qualit√©s d'√©tudes et de savante application de mes anciens ma√ģtres (RENAN, Souv. enf., 1883, p. 370). Normalien, agr√©g√© d'histoire, homme d'√©tude et de r√©flexion (BORDEAUX, Fort de Vaux, 1916, p. 142).
A.‚ÄĒ [Correspond √† √©tudier II A]
1. Au sing. Effort d'application orient√© vers l'acquisition ou l'approfondissement de connaissances. Ardeur, go√Ľt de l'√©tude. J'aime ces grandes salles [des biblioth√®ques] o√Ļ r√®gne l'√©tude (GREEN, Journal, 1941, p. 144).
a) [L'obj. √©tudi√© est une discipline d'enseignement] √Čtude de l'anatomie, de l'histoire, des langues; √©tude approfondie, patiente, s√©rieuse. L'√©tude de la grammaire exige la m√™me suite et la m√™me force d'attention que les math√©matiques (STA√čL, Allemagne, t. 1, 1810, p. 256). Il se livra avec un z√®le et un plaisir extr√™mes √† l'√©tude des math√©matiques (VAL√ČRY, Vari√©t√© V, 1944, p. 212).
‚ÄĒ En partic. Effort de m√©moire pour apprendre par cŇďur. √Čtude d'une le√ßon. Ce calme si n√©cessaire pour l'√©tude des verbes irr√©guliers (GIRAUDOUX, Siegfried, 1928, II, 2, p. 77).
b) [L'obj. √©tudi√© est un art] Une heure de lecture ou d'√©tude de piano m'est plus agr√©able que le plus fastueux d√ģner du monde (GIDE, Journal, 1921, p. 694).
‚ÄĒ Loc. √† valeur adj. D'√©tude. Qui est utilis√© pour les exercices. Un piano d'√©tude, le clavecin pr√©f√©r√©, des livres, des partitions (DUHAMEL, C√©cile, 1938, p. 47).
2. Au plur.
a) Ensemble progressif de travaux et d'exercices nécessaires à l'acquisition ou au développement de connaissances générales ou particulières. Première, deuxième année d'études; poursuivre ses études; bonnes, brillantes études. Ils avaient fait ensemble leurs premières études à l'école Saint-Thomas (MARTIN DU G., Devenir, 1909, p. 10).
b) P. m√©ton. Temps durant lequel s'effectuent ces travaux. Le jeune homme √† peine sorti de ses √©tudes, et dont la carri√®re n'est pas commenc√©e (BOURGET, Sens mort, 1915, p. 217). J'y ai travaill√© [√† l'H√ītel-Dieu], jadis, au d√©but de mes √©tudes (DUHAMEL, Combat ombres, 1939, p. 78).
SYNT. Bourse, centre d'√©tudes; certificat, cycle, dipl√īme d'√©tudes; certificat, classe, examen de fin d'√©tudes; organisation, poursuite, programme, r√©gime, sanction des √©tudes; √©tudes primaires, secondaires, sup√©rieures; √©tudes classiques, litt√©raires, m√©dicales, th√©ologiques; camarade, compagnon d'√©tudes; pr√©fet des √©tudes; abandonner, achever, continuer, faire des/ses √©tudes.
B.‚ÄĒ [Correspond √† √©tudier II B] Effort d'observation et de p√©n√©tration, orient√© vers l'intelligence des √™tres, des choses, des faits. √Čtude d'ensemble, d'un fait, du milieu, du pass√©; m√©thode, objet, r√©sultat d'une √©tude. Mon grand-p√®re g√©missait de se voir enlev√© √† ses ch√®res √©tudes (STENDHAL, Brulard, t. 1, 1836, p. 197). Une conversation, farcie de portraits, d'√©tudes de caract√®res, d'analyses de sentiments (MARTIN DU G., Souv. autobiogr., 1955, p. LXXI). Apr√®s de longues √©tudes sur soi-m√™me, j'ai mis au jour la duplicit√© profonde de la cr√©ature (CAMUS, Chute, 1956, p. 1516)¬†:
‚ÄĘ 1. Si vous appliquez ces principes d'observation aux √©trangers, √† plus forte raison soumettrez-vous votre femme aux m√™mes formalit√©s. Un homme doit avoir fait une √©tude profonde du visage de sa femme¬†: cette √©tude est facile, elle est m√™me involontaire et de tous les moments.
BALZAC, Physiol. mar., 1826, p. 155.
‚ÄĘ 2. Le grand obstacle qui arr√™te les progr√®s des √©tudes philologiques me semble √™tre cette dispersion du travail et cet isolement des recherches sp√©ciales, qui fait que les travaux du philologue n'existent gu√®re que pour lui seul et pour un petit nombre d'amis qui s'occupent du m√™me sujet.
RENAN, Avenir sc., 1890, p. 248.
‚ÄĒ En partic. [L'obj. √©tudi√© est un auteur, un ouvrage litt√©r.] Aborder, commencer, entreprendre l'√©tude de. Ayant consacr√© sa vie √† l'√©tude de Fran√ßois de Sales (BARR√ąS, Cahiers, t. 13, 1920-22, p. 239).
SYNT. √Čtude d'un cas, du comportement, de l'√©volution, de l'influence de, des questions, des r√©actions, des rapports, des variations; √©tude analytique, comparative, critique, descriptive, exp√©rimentale, m√©thodique, rationnelle, statistique, syst√©matique.
C.‚ÄĒ [Correspond √† √©tudier II C] Travail de recherche, de mise au point d'une question, d'un projet. Faire, proc√©der √† une √©tude; √©tude(s) pouss√©e(s), pr√©alable(s), en cours; s√©rie d'√©tudes; bureau d'√©tudes¬†:
‚ÄĘ 3. ... le pr√© qu'on appelait ¬ę le Rouleux¬†¬Ľ, que ma m√®re (...) sema de quelques massifs d'arbres, et √† travers lequel, apr√®s une longue √©tude, elle tra√ßa deux all√©es qui montaient, en serpentant selon des courbes savantes, jusqu'√† la petite barri√®re par o√Ļ l'on entrait dans le bois.
GIDE, Si le grain, 1924, p. 395.
1. Domaine admin. ou comm.
a) √ätre √† l'√©tude. Faire l'objet d'un examen attentif. Un projet √©tait √† l'√©tude pour amener l'√©lectricit√© dans toutes les boutiques du passage! (C√ČLINE, Mort √† cr√©dit, 1936, p. 341).
b) √Čtude de march√©(s). ,,Analyse du comportement humain vis-√†-vis de l'offre ou de la publicit√© d'un produit quelconque sur le march√© en vue d'√©tablir les possibilit√©s de diffusion de ce produit`` (BARR. 1974). L'√©tude des march√©s et la pr√©vision de la conjoncture occupent une place de plus en plus grande dans les pr√©occupations du service (JOCARD, Tour. et action √Čtat, 1966, p. 228).
2. TH√Č√āTRE
a) Travail d'un acteur pour se pr√©parer √† son r√īle. La premi√®re √©tude pour le com√©dien, est de lire plusieurs fois la pi√®ce, d'en √©tudier tous les r√īles, et ensuite d'analyser particuli√®rement le sien (BUSSY, Art dram., 1866, p. 336).
b) Mettre une pi√®ce √† l'√©tude. ,,En distribuer les r√īles`` (Ac. 1878-1932).
D.‚ÄĒ [Correspond √† √©tudier II D] Vieilli. Application, soin attentif apport√© √† un objet. Avoir une juste portion d'embonpoint, ni trop ni peu, est pour les femmes l'√©tude de toute leur vie (BRILLAT-SAV., Physiol. go√Ľt, 1825, p. 217). Les petits g√Ęteaux qu'il avait choisis avec √©tude, z√®le et soins, dans la boutique de madame Magloire (FRANCE, Mannequin, 1897, p. 148).
‚ô¶ Se faire une √©tude de, mettre son √©tude √†. Mettre tout son soin √†. Il se fit une √©tude de supprimer tous les dehors de ce qu'il regardait comme une faiblesse d√©shonorante [sa sensibilit√©] (M√ČRIM√ČE, Mosa√Įque, 1833, p. 144). Ce peuple qui sur un chantier met toute son √©tude √† ne pas en fiche un coup (P√ČGUY, Argent, 1913, p. 1104).
II.‚ÄĒ Travail de recherche qui constitue souvent une pr√©paration ou une √©bauche d'une Ňďuvre plus importante.
A.‚ÄĒ Ouvrage, article qui contient les r√©sultats d'une recherche. Importante, remarquable √©tude; consacrer une √©tude √†. Synon. essai. Une √©tude sur un tableau de Claude, expos√© chez le p√®re Malgras, venait de soulever un scandale √©norme (ZOLA, Ňíuvre, 1886, p. 71). Un ouvrage o√Ļ M. Pierre Lasserre a r√©uni trois √©tudes sur Claudel, Jammes et P√©guy (THIBAUDET, R√©flex. litt., 1936, p. 129).
B.‚ÄĒ Domaine artistique
1. PEINT. et SCULPT.
a) Travail de d√©tail ex√©cut√© en marge et en vue d'une composition d'ensemble, mais pouvant parfois constituer une Ňďuvre en soi. (Quasi-)synon. croquis, √©bauche, esquisse. Aussi a-t-il fait pour ce tableau nombre d'√©tudes de chevaux blancs dans le soleil (GONCOURT, Journal, 1895, p. 794). Trente toiles, autant d'esquisses et d'√©tudes et deux cents dessins environ (RAMUZ, A. Pache, 1911, p. 170). Elstir avait fait plusieurs √©tudes de ces mains. Et dans l'une o√Ļ on voyait Andr√©e les chauffer devant le feu, elles avaient sous l'√©clairage la diaphan√©it√© dor√©e de deux feuilles d'automne (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p. 919).
b) T√™te d'√©tude. ,,Dessin d'une t√™te, propre √† servir de mod√®le et fait ordinairement d'apr√®s quelque tableau d'un grand ma√ģtre`` (Ac. 1835-1932).
2. MUS. Morceau écrit en principe pour développer la technique d'exécution. Les fugues et les études théoriques en double contrepoint (ROLLAND, Beeth., 1937, p. 112). Cette étude pour piano et orchestre est encore un compromis. Le dialogue entre les éléments concrets et le piano de J.-J. Grunenwald est bancal (SCHAEFFER, Rech. mus. concr., 1952, p. 24).
III.‚ÄĒ Lieu o√Ļ s'exerce une activit√© studieuse, un effort de l'esprit.
A.‚ÄĒ Salle de travail o√Ļ les √©l√®ves font leurs devoirs ou apprennent leurs le√ßons en dehors des heures de classe. √Čtude surveill√©e. Un gar√ßon de temp√©rament mod√©r√©, qui jouait aux r√©cr√©ations, travaillait √† l'√©tude, √©coutant en classe, dormant bien au dortoir, mangeant bien au r√©fectoire (FLAUB., Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 7). Il √©tait toujours √† part, dans la cour pendant l'√©tude, en √©tude pendant la r√©cr√©ation (MONTHERL., Songe, 1922, p. 150).
‚ÄĒ P. m√©ton.
1. Temps passé dans cette salle. Après les trois heures d'étude du matin et de l'après-midi (COLETTE, Cl. école, 1900, p. 12). Au collège, durant les longues études du soir (MAURIAC, Journal 2, 1937, p. 166) :
‚ÄĘ 4. Je n'allais plus √† Saint-Benoist que pour y faire la classe, partant le matin de bonne heure, d√©jeunant √† midi d'un repas pr√©par√© au domaine, que je faisais chauffer sur le po√™le, et rentrant le soir aussit√īt apr√®s l'√©tude.
ALAIN-FOURNIER, Meaulnes, 1913, p. 327.
2. Ensemble des élèves qui travaillent dans cette salle. Surveiller une étude. L'étude s'était tue un instant, étonnée d'entendre donner, pour la première fois, une mauvaise note au meilleur élève (LARBAUD, F. Marquez, 1911, p. 73).
‚ô¶ Vieilli. Ma√ģtre d'√©tude, usuel surveillant d'√©tude. Personne qui surveille les √©l√®ves d'une √©tude. Synon. (arg. scol.) pion. Monsieur, dit Poil de Carotte, le ma√ģtre d'√©tude, il m'en veut! (RENARD, Poil Carotte, 1894, p. 139). V. banal ex. 8.
B.‚ÄĒ Locaux o√Ļ travaille un officier public ou minist√©riel, avec ses clercs. C'est dans l'√©tude d'un avou√© qu'il faut apprendre la v√©ritable langue de notre barreau (JOUY, Hermite, t. 1, 1811, p. 97)¬†:
‚ÄĘ 5. Quand ils entr√®rent dans l'√©tude de Ma√ģtre Lamaneur, un petit mouvement se fit parmi les employ√©s, et quand M. Serbois eut jug√© bon de se nommer, bien qu'on le conn√Ľt parfaitement, le premier clerc se leva avec un empressement marqu√©, tandis que le second souriait.
MAUPASSANT, Contes et nouv., t. 1, Legs, 1884, p. 963.
‚ÄĒ P. m√©ton.
1. Charge de cet officier. Maurice acquit à Chantilly une étude de notaire après s'être défait de son titre d'agent de change, qu'il avait acheté au lieu d'une étude d'avoué, comme il en avait eu d'abord le projet (GOZLAN, Notaire, 1836, p. 26).
2. Personnel travaillant avec cet officier. La fameuse √©tude d'avou√© o√Ļ il y avait √† prendre une place d'exp√©ditionnaire (DUHAMEL, Confess. min., 1920, p. 92). Il conseilla √† son fils de faire du droit, et lui trouva une place dans une √©tude d'avou√© √† York (MAUROIS, Ariel, 1923, p. 54). V. cl√©ricature ex. 4.
Prononc. et Orth.¬†:[etyd]. Ds Ac. 1694-1932. √Čtymol. et Hist. 1. a) 1re moiti√© XIIe s. estudie ¬ę application, soin, z√®le¬†¬Ľ (Psautier Oxford, √©d. Fr. Michel, XIII, 2); ca 1150 ¬ę id.¬†¬Ľ par estuide (Th√®bes, √©d. G. Raynaud de Lage, 4955); fin XIIe s. estude (Sermons St Bernard, √©d. W. Foerster, p. 114); en partic. 1174 ¬ę application intellectuelle pour apprendre¬†¬Ľ (G. DE PONT-STE-MAXENCE, St Thomas, √©d. E. Walberg, 3197); b) 1580 ¬ę observation, examen de quelque chose¬†¬Ľ (MONTAIGNE, Essais, √©d. A. Thibaudet, livre II, chap. 6, p. 415); en partic. 1802 ¬ę travail pr√©paratoire de recherche¬†¬Ľ (BAUDRY DES LOZ., Voy. Louisiane, p. 273¬†: connaissances qui, au fond, ne consistent que dans un simple arpentage, d'apr√®s l'√©tude qu'ils ont d√Ľ faire des terrains); c) 1645, 15 oct. B.-A. (POUSSIN, Lett. √† M. de Chantelou, p. 320 ds BRUNOT t. 6, p. 728, note 4); 1784 ¬ę ouvrage qui contient les r√©sultats d'une recherche intellectuelle¬†¬Ľ (BERN. DE ST-P., √Čtude de la nature); 1833 mus. (Fr. CHOPIN, √Čtudes, op. 10 ds Hist. de la mus., Encyclop. de la Pl√©iade, t. 2, p. 1657); 2. a) 1216 ¬ę endroit, pi√®ce o√Ļ l'on √©tudie¬†¬Ľ (ANGER, Trad. Vie St Gr√©goire, I, 1914 ds T.-L.); 1832 salle d'√©tude (BALZAC, Lambert, p. 51); b) 1660 Estude de Notaire (OUDIN Esp.-Fr.); 1690 ¬ę la charge elle-m√™me¬†¬Ľ (FUR.). Empr. au lat. studium ¬ę application, z√®le; application √† l'√©tude, √©tude¬†¬Ľ; estudie est directement empr. au plur. lat. studia, interpr√©t√© comme un f√©m. sing.; de l√† par m√©tath√®se estuide, d'o√Ļ estude. Fr√©q. abs. litt√©r.¬†: 8 358. Fr√©q. rel. litt√©r.¬†:XIXe s.¬†: a) 11 955, b) 11 820; XXe s.¬†: a) 11 937, b) 11 831.

étude [etyd] n. f.
√ČTYM. 1174; estudie, d√©b. XIIe; anc. fran√ß. estuide, n.¬†m. ou f. jusqu'au XVIIe; du lat. studium ¬ę ardeur, go√Ľt, √©tude ¬Ľ, de studere ¬ę rechercher, s'appliquer ¬Ľ.
‚ĚĖ
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
I
1 Application m√©thodique de l'esprit cherchant √† apprendre et √† comprendre. || Aimer l'√©tude. || Son ardeur (cit.¬†46) √† l'√©tude (‚Üí Assiduit√©, cit.¬†1). || Trouver une consolation dans l'√©tude (‚Üí Commerce, cit.¬†15). || S'attacher, se plaire √† l'√©tude (‚Üí Assister, cit.¬†1). || Une nature rebelle √† l'√©tude. || Des ann√©es de veilles et d'√©tude. || Les bienfaits, les fruits de l'√©tude (‚Üí Don, cit.¬†8). || Homme d'√©tude. || Qui a du go√Ľt pour l'√©tude. ‚áí Studieux.
1 Je ne veux que longtemps √† l'√©tude il p√Ęlisse, Je ne veux que, r√™veur, sur le livre il vieillisse¬†(‚Ķ)
Du Bellay, le Poète courtisan.
2 (…) à un fainéant l'étude sert de tourment (…)
Montaigne, Essais, I, XIV.
3 Le gain de notre étude, c'est en être devenu meilleur et plus sage.
Montaigne, Essais, I, XXVI.
4 J'estimais fort l'√©loquence et j'√©tais amoureux de la po√©sie, mais je pensais que l'une et l'autre √©taient des dons de l'esprit plut√īt que des fruits de l'√©tude.
Descartes, Discours de la méthode, I.
5 L'√©tude a √©t√© pour moi le souverain rem√®de contre les d√©go√Ľts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture ne m'ait √īt√©.
Montesquieu, Cahiers, p. 3.
6 Rien n'√©tait plus horrible que cette mansarde aux murs jaunes et sales (‚Ķ) Je v√©cus dans ce s√©pulcre a√©rien, pendant pr√®s de trois ans, travaillant nuit et jour sans rel√Ęche, avec tant de plaisir que l'√©tude me semblait √™tre le plus beau th√®me, la plus heureuse solution de la vie humaine. Le calme et le silence n√©cessaires au savant ont je ne sais quoi de doux, d'enivrant comme l'amour. L'exercice de la pens√©e, la recherche des id√©es, les contemplations tranquilles de la Science nous prodiguent d'ineffables d√©lices¬†(‚Ķ)
Balzac, la Peau de chagrin, Pl., t. IX, p. 91.
7 L'étude ne rendait Huet ni mélancolique, ni rêveur; sa santé ne se ressentit jamais de son application. L'étude était si naturellement son fait et sa vocation, sa passion à la fois et son jeu, que, loin de le fatiguer, elle le laissait toujours plus libre, plus allègre et plus dispos après qu'auparavant.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 3 juin 1850, t. II, p. 171.
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. (vx). Avoir de l'√©tude, des connaissances √©labor√©es. ‚ÄĒ ‚ėĎ Mettre qqch. √† l'√©tude¬†: √©tudier ou faire √©tudier syst√©matiquement.
2 Effort intellectuel pour acqu√©rir des connaissances (science et art). a √Čtude de‚Ķ || L'√©tude des langues, des lettres, des sciences (‚Üí Amollir, cit.¬†3). || S'adonner, se livrer, s'appliquer, se consacrer √† l'√©tude du grec, du latin, de l'histoire ancienne. || Savant qui se sp√©cialise dans l'√©tude d'une langue. ‚áí suff. -isant (celtisant, hispanisant, germanisant‚Ķ). || Erreurs √† √©viter dans l'√©tude d'une science (‚Üí Botanique, cit.¬†3). || L'√©tude du droit (‚Üí cit.¬†57), de la m√©decine (‚Üí Droguer, cit.¬†1).
8 (…) dès mon enfance j'ai toujours estimé l'étude des bonnes lettres, l'heureuse félicité de la vie, et sans laquelle on doit désespérer ne pouvoir jamais atteindre au comble du parfait contentement.
Ronsard, Préface des Odes de 1550.
9 (‚Ķ) sit√īt que l'√Ęge me permit de sortir de la suj√©tion de mes pr√©cepteurs, je quittai enti√®rement l'√©tude des lettres, et me r√©solvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-m√™me, ou bien dans le grand livre du monde¬†(‚Ķ)
Descartes, Discours de la méthode, I.
10 Nous ne nous arr√™terons pas √† parler de l'√©tude de la grammaire. Notre principal soin a √©t√© de lui faire conna√ģtre premi√®rement la propri√©t√©, et ensuite l'√©l√©gance de la langue latine et de la fran√ßaise. Pour adoucir l'ennui de cette √©tude, nous lui en faisions voir l'utilit√©; et autant que son √Ęge le permettait, nous joignions √† l'√©tude des mots la connaissance des choses.
Bossuet, Lettre au pape sur l'éducation du Dauphin.
11 C'est peu de chose d'apprendre les langues pour elles-mêmes (…) mais l'étude des langues mène à celle de la grammaire générale. Il faut apprendre le latin pour bien savoir le français; il faut étudier et comparer l'un et l'autre pour entendre les règles de l'art de parler.
Rousseau, √Čmile, IV.
12 Soit raison, soit préjugé, je croirai difficilement qu'on puisse se passer de la connaissance des Anciens (…) Mais je pense que l'étude des langues anciennes pourrait être abrégée considérablement et mêlée de beaucoup de connaissances utiles.
Diderot, Essai sur les études en Russie.
‚ô¶ √Čtude d'un art, destin√©e √† en acqu√©rir la technique, √† en apprendre les secrets. || Se mettre √† l'√©tude du dessin, du solf√®ge, de l'harmonie, de l'architecture. || Abandonner l'√©tude du piano. ‚ÄĒ L'√©tude des √©checs, de l'escrime, de la versification.
13 L'étude de l'écorché a sans doute ses avantages; mais n'est-il pas à craindre que cet écorché ne reste perpétuellement dans l'imagination; que l'artiste n'en devienne entêté de la vanité de se montrer savant (…)
Diderot, Essai sur la peinture, I.
14 Excellente √©tude du piano. Ah¬†! si seulement j'avais √©t√© mieux conseill√©, guid√©, soutenu, forc√©, dans ma jeunesse¬†! Le plaisir que je prends √† cette √©tude, s'il pouvait √™tre moins √©go√Įste¬†!
Gide, Journal, 18 nov. 1929.
‚ô¶ (Avec l'id√©e d'apprendre surtout par cŇďur). || √Čtude d'une le√ßon, faite par un √©l√®ve. || √Čtude d'un r√īle, faite par un acteur.
15 Je m'en rendais plus nonchalant à l'étude de mes autres leçons prescrites.
Montaigne, Essais, I, XXVI.
16 (‚Ķ) embrasser toute l'√©tendue d'un grand r√īle (‚Ķ) c'est l'ouvrage d'une t√™te froide, d'un profond jugement, d'un go√Ľt exquis, d'une √©tude p√©nible, d'une longue exp√©rience et d'une t√©nacit√© de m√©moire peu commune¬†(‚Ķ)
Diderot, Paradoxe sur le comédien.
b Au plur. || Les √©tudes¬†: s√©rie ordonn√©e de travaux et d'exercices n√©cessaires √† l'instruction. || Faire ses √©tudes¬†: parcourir successivement les divers degr√©s de l'enseignement scolaire. || Faire de bonnes, de mauvaises √©tudes. Fam. || √ätre (ou n'√™tre pas) dou√© pour les √©tudes. || Commencer, poursuivre, achever ses √©tudes (‚Üí Demander, cit.¬†23; distribuer, cit.¬†11). || Interrompre, reprendre ses √©tudes. || Le cours, le cycle, la dur√©e des √©tudes. ‚áí Cursus. || Le ¬ę Trait√© des √©tudes ¬Ľ de Rollin a d√©fini le programme des √©tudes au XVIIIe si√®cle. || Faire ses √©tudes. || Il a fait ses √©tudes √† Paris, en province, √† l'√©tranger, dans un lyc√©e, un coll√®ge, √† l'Universit√©, chez les j√©suites. || Camarade d'√©tudes. ‚áí Condisciple. || √Čtudes obligatoires. ‚áí Scolarit√©. ‚ÄĒ √Čtudes primaires, secondaires, sup√©rieures. ‚áí √Čcole, enseignement. || √Čtudes classiques (‚Üí Dose, cit.¬†5). || Examens, dipl√īmes de fin d'√©tudes, sanctionnant certaines √©tudes (‚Üí Dr√īle, cit.¬†9). ‚áí Brevet, certificat. ‚ÄĒ Faire des √©tudes de droit, de m√©decine, de sciences. ‚áí √Čtudiant. || Faire ses √©tudes de droit. ‚áí Faire (son droit). || Bourse d'√©tudes. || √Čcole des hautes √©tudes commerciales (H. E. C.). || Institut d'√©tudes hispaniques, des hautes √©tudes chinoises, marocaines, musulmanes, internationales. || Faire des √©tudes √† l'√Čcole des beaux-arts, au Conservatoire. || Des √©tudes de piano, de chant, d'art dramatique. || √Čtudes commerciales, agronomiques, industrielles. || Faire des √©tudes personnelles en vue d'enrichir sa culture. || √Čtudes sp√©culatives, th√©oriques et √©tudes pratiques.
17 Tout le monde est plein de gens savans, de pr√©cepteurs tr√®s doctes, de librairies tr√®s amples, et m'est advis que, ny au temps de Platon, ny de Cic√©ron, ny de Papinian, n'estoit telle commodit√© d'estude qu'on y veoit maintenant (‚Ķ) Par quoy, mon filz, je te admoneste que employe ta jeunesse √† bien profiter en estudes et en vertus. Tu es √† Paris, tu as ton pr√©cepteur √Čpist√©mon, dont l'un par vives et vocales instructions, l'aultre par louables exemples, te peut endoctriner.
Rabelais, Pantagruel, VIII.
18 (‚Ķ) j'enfilai tout d'un train Virgile en l'√Čn√©ide, et puis T√©rence, et puis Plaute, et des com√©dies italiennes, leurr√© toujours par la douceur du sujet. Faisant semblant de n'en rien voir, il (mon pr√©cepteur) aiguisait ma faim, ne me laissant que √† la d√©rob√©e gourmander (d√©vorer) ces livres, et me tenant doucement en office pour les autres √©tudes de la r√®gle.
Montaigne, Essais, I, XXVI.
19 (…) toutes mes études n'ont été que jusqu'en sixième.
Molière, le Médecin malgré lui, III, 1.
20 (…) il ne faudrait pas que les enfants fussent distraits, comme aujourd'hui, par des fêtes et des congés perpétuels, qui interrompent à chaque instant les exercices et les études (…)
Encyclop√©die (Diderot), art.¬†√Čtude.
21 Je venais de finir à vingt-deux ans mes études à l'Université de Gottingue.
B. Constant, Adolphe, I.
22 Comme l'industrie photographique était le refuge de tous les peintres manqués, trop mal doués ou trop paresseux pour achever leurs études (…)
Baudelaire, Curiosités esthétiques, Salon de 1859, II.
23 Les √©tudes, jadis, conduisaient assez r√©guli√®rement √† des carri√®res o√Ļ la plupart arrivaient √† s'√©tablir. Entreprendre ses √©tudes, c'√©tait, en quelque sorte, prendre un train qui menait quelque part (sauf accidents). On faisait ses classes; on passait, quitte √† s'y reprendre, ses examens ou ses concours. On devenait notaire, m√©decin, artilleur, avocat ou fonctionnaire (‚Ķ) Les dipl√īmes, en ce temps-l√†, repr√©sentaient une mani√®re de valeur-or.
Valéry, Variété IV, p. 196.
24 Sa médecine ! Le salaud. J'ai quitté le lycée à treize ans, moi, il fallait que je gagne ma vie. Je n'ai pas eu la chance d'avoir des parents riches pour me payer mes études.
Sartre, Morts sans sépulture, II, 4.
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. (avec quelques v.). Les ch√®res √©tudes (de qqn), ses activit√©s ant√©rieures et priv√©es. || Abandonner (renoncer √†) ses ch√®res √©tudes. ‚ėĎ Renvoyer qqn (un candidat, un homme politique) √† ses ch√®res √©tudes.
24.1 Alors, sans hésiter, à notre demande, il (le Captain Cap) a tont quitté, son bord et ses chères études (…)
Alphonse Allais, le Captain Cap…, I, p. 15 (1902).
c D'étude : utilisé pour l'étude. || Salle d'étude. → ci-dessous, III., 2. || Piano d'étude.
3 (1580). Effort intellectuel orienté vers l'observation et l'intelligence des êtres, des choses, des faits. ⇒ Examen.
‚ô¶ L'√©tude de la nature (‚Üí Contemplation, cit.¬†2). || √Čtude des ph√©nom√®nes naturels, des animaux (‚Üí Anatomie, cit.¬†2), des plantes, du corps humain, des astres. ‚áí Science, et suff. -logie, -nomie. || Une √©tude g√©ologique du terrain. || L'√©tude des lois physiques, sociales, √©conomiques. || L'√©tude des textes. || L'√©tude des inscriptions, de l'√©criture. || L'√©tude du langage. ‚ÄĒ L'√©tude du cŇďur humain (‚Üí Condition, cit.¬†8; contemplatif, cit.¬†1), des op√©rations de l'esprit (‚áí Analyse). || L'√©tude de soi-m√™me (‚Üí Approfondir, cit.¬†11), du moi. || L'√©tude d'un auteur, d'un texte litt√©raire. ‚áí Explication. || Peintre qui fait une longue √©tude de son mod√®le (‚Üí Copier, cit.¬†3).
25 (…) chacun est à soi-même une très bonne discipline, pourvu qu'il ait la suffisance (la capacité) de s'épier de près. Ce n'est pas (i)ci ma doctrine, c'est mon étude, et (ce) n'est pas la leçon d'autrui, c'est la mienne.
Montaigne, Essais, II, VI.
26 Je songe √† me conna√ģtre, et me cherche en moi-m√™me¬†:
C'est l√† l'unique √©tude o√Ļ je veux m'attacher.
Boileau, √Čp√ģtres, V.
27 Locke veut qu'on commence par l'étude des esprits, et qu'on passe ensuite à celle des corps. Cette méthode est celle de la superstition, des préjugés, de l'erreur (…)
Rousseau, √Čmile, IV.
28 Pour parvenir √† conna√ģtre l'homme, que de choses il faut conna√ģtre avant lui¬†! L'homme est la derni√®re √©tude du sage, et vous pr√©tendez en faire la premi√®re d'un enfant¬†!
Rousseau, √Čmile, III.
29 En général, dans l'établissement des écoles, on a donné trop d'importance et d'espace à l'étude des mots, il faut lui substituer aujourd'hui l'étude des choses.
Diderot, Essai sur les études en Russie.
30 La longue et patiente √©tude que je viens de faire de cette Soci√©t√© donne des conclusions tristes, o√Ļ le doute domine.
Balzac, Louis Lambert, Pl., t. X, p. 410.
31 (…) l'étude de l'être vivant dans la fermentation s'imposait à lui.
Henri Mondor, Pasteur, p. 67.
‚ô¶ Examen. || L'√©tude des documents, des pi√®ces justificatives. || √Čtude minutieuse d'un dossier, des clauses d'un contrat, d'un devis. || √Čtude d'une question, d'un projet. || √Čtudes pr√©paratoires. || √Čtude pr√©liminaire (d'un projet). || Proc√©der √† des √©tudes en vue de la mise au point d'une machine, d'un syst√®me (‚Üí Civilisation, cit.¬†7). || Maquettes facilitant l'√©tude d'un m√©canisme. || √Čtude des indices, d'une piste. ‚áí Enqu√™te. || √Čtude des pi√®ces prescrite par le tribunal. ‚áí Expertise. || √Čtude sur dossier, sur le terrain (en sciences humaines).
32 Il devait leur faire part des impressions de sa visite, et poursuivre avec eux l'étude de la combinaison projetée.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XII, p. 85.
‚ô¶ Comm. || √Čtude de march√©. ‚áí March√© (II., 4.). ‚ÄĒ √Čtude des m√©dias (en publicit√©).
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. Mettre √† l'√©tude¬†: examiner, √©tudier. || Mettre une question √† l'√©tude. || Ce projet est √† l'√©tude.
♦ D'études. || Commission, comité d'études. || Bureau d'études. || Voyage, mission d'études.
33 Le petit capital souscrit jusqu'à ce jour a surtout servi à rétribuer quelques voyages d'études dans le Bas-Congo, pour fixer l'emplacement des usines.
A. Maurois, Bernard Quesnay, XXIV.
4 Vx. Effort de l'esprit s'appliquant à l'action. ⇒ Soin.
‚ô¶ (En parlant d'une Ňďuvre d'art). || L'art et l'√©tude ne remplacent pas les dons naturels. || Ex√©cution qui marque plus d'√©tude que de facilit√©.
34 ‚ÄĒ¬†Tout ce que je fais me vient naturellement, c'est sans √©tude. ‚ÄĒ La nature vous a trait√© en vraie m√®re passionn√©e, et vous en √™tes l'enfant g√Ęt√©.
Molière, les Précieuses ridicules, 9.
35 Ma main donne au papier, sans travail, sans étude, Des vers fils de l'amour et de la solitude.
Andr√© Ch√©nier, √Čl√©gies, XV.
♦ Effort en vue d'une fin. || Mettre toute son étude à bien vivre. || Il en fait son étude, son unique étude.
36 Le bonheur de vous plaire est ma suprême étude (…)
Molière, Tartuffe, IV, 5.
37 Cependant mon amour pour notre nation
A rempli ce palais de filles de Sion (…)
Je mets à les former mon étude et mes soins (…)
Racine, Esther, I, 1.
38 (…) Ta fière ingratitude
Se fait de m'offenser une farouche étude.
Voltaire, la Mort de César, II, 5.
♦ Péj. Préméditation, affectation. ⇒ Apprêt, attitude, dissimulation.
39 Il faut pourtant para√ģtre ferme au premier choc (‚Ķ) L√†, t√Ęchez de vous composer par √©tude.
Molière, les Fourberies de Scapin, I, 3.
40 (…) mais votre cruauté,
Tranquille en me frappant, barbare avec étude,
Insulte avec plus d'art, et porte un coup plus rude.
Voltaire, Irène, IV, 3.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
II Ouvrage résultant de cette application d'esprit. ⇒ Essai, travail.
1 (1784). Ouvrage litt√©raire √©tudiant un sujet. || Faire, composer une √©tude sur un sujet, sur un auteur. || Lire une savante √©tude, une √©tude compl√®te. || Une √©tude abstraite, brillante‚Ķ || Beaucoup d'ouvrages portent le titre de √©tude ou √©tudes¬†: √Čtudes de la nature, de Bernardin de Saint-Pierre; √Čtudes de mŇďurs, √Čtudes philosophiques, √Čtudes analytiques, subdivisions de la Com√©die humaine de Balzac; √Čtudes historiques, de Chateaubriand; √Čtudes critiques, de Bruneti√®re; √Čtudes sur les vins, sur la bi√®re, de Pasteur.
41 Prenons donc Bonstetten dès le début, en profitant de l'excellente et complète étude que M. Steinlen vient de lui consacrer (…)
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 27¬†ao√Ľt¬†1860, t.¬†XIV,¬†p.¬†421.
42 C'est surtout dans les √©crits d'Eug√®ne Delacroix qu'appara√ģt cette dualit√© de nature (‚Ķ) les √©tudes sur Poussin, Prud'hon, Charlet, et autres morceaux publi√©s soit dans l'Artiste (‚Ķ) soit dans la Revue des Deux Mondes¬†(‚Ķ)
Baudelaire, Curiosités esthétiques, E. Delacroix, IV.
2 (1645). Repr√©sentation graphique (dessin, peinture) constituant un essai ou un exercice. ‚áí Dessin. || Peintre qui fait des √©tudes de main, de rocher, de feuillage. || Atelier de sculpteur o√Ļ sont rang√©es des √©tudes de draperie, de torse. || √Čtude ex√©cut√©e d'apr√®s un mod√®le classique. || Des √©tudes et des esquisses pr√©paratoires. || √Čtudes de Rapha√ęl, de Delacroix. ‚ÄĒ Par anal. || √Čtude de femme, Autre √©tude de femme, titres de deux nouvelles de Balzac.
43 Les études de ces artistes montrent combien ils ont encore besoin d'en faire.
Diderot, Salon de 1767, in Littré.
44 Ces études, qui sont des véritables tableaux, et que nous nommons ainsi parce qu'elles ont été peintes sur place et devant les objets qu'elles représentent, se divisent en deux séries parfaitement distinctes (…)
Th.¬†Gautier, Souvenirs de th√©√Ętre‚Ķ, Benjamin de Francesco.
45 Il faut supposer qu'il s'occupe davantage de la nature dans les sujets qui font sa spécialité; car ses études de chiens courants sont plus réelles et plus solides.
Baudelaire, Curiosités esthétiques, Salon de 1846, H. Vernet.
46 La semaine suivante, Beltara, qui s'était procuré des couleurs, fit de bonnes études à l'huile du colonel Parker et du major Knight.
A. Maurois, les Discours du Dr O'Grady, XVI.
3 (1833). Composition musicale √©crite pour servir (en principe) √† exercer l'habilet√© de l'ex√©cutant. || √Čtudes pour le piano, le violon, la fl√Ľte (‚Üí Brio, cit.¬†3). || √Čtudes de Kreutzer, pour le violon. || √Čtudes pour piano de Liszt. || √Čtudes de Chopin.
47 Repris, ces derniers jours, quelques √Čtudes de Chopin d√©laiss√©es depuis longtemps (‚Ķ) Beaucoup travaill√© √©galement, pour la mener √† bien, celle en fa majeur (‚Ķ) si exquise dans sa myst√©rieuse simplicit√©, et si importante pour obtenir cette souplesse particuli√®re et d√©licatesse du poignet, exig√©e par la technique de Chopin¬†(‚Ķ)
Gide, Journal, 9 juin 1930.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
III Lieu o√Ļ s'exerce cet effort de l'esprit, cette studieuse activit√©.
1 (1216). Vx. Cabinet de travail. || √Čtude d'architecte. ‚áí Cabinet.
48 Mon fils, si tu savais ce qu'on dira de toi,
Tu ne voudrais jamais déloger de chez moi,
Enclos en mon étude (…)
Ronsard, Amours, II, ¬ę √Čl√©gie √† son livre ¬Ľ.
49 Consid√©rez donc, monsieur, en m√™me temps les avantages d'un homme qui n'apprend point par cŇďur (‚Ķ) la chaleur m√™me qui l'anime lui fait trouver des expressions et des figures qu'il n'aurait pu pr√©parer dans son √©tude. ‚ÄĒ Pourquoi¬†? Un homme s'anime dans son cabinet, et peut y composer des discours tr√®s vifs.
Fénelon, Dialogues sur l'éloquence, p. 47.
2 (1832). Mod. Salle o√Ļ les √©l√®ves travaillent en dehors des heures de classe. || Faire ses devoirs, apprendre ses le√ßons √† l'√©tude. || Entrer en √©tude (‚Üí Arracher, cit.¬†41). || Cet √©l√®ve, cet interne a sa place fix√©e dans l'√©tude. || Vaste √©tude aux murs tapiss√©s de casiers.
50 Oh¬†! je d√©teste maintenant le temps o√Ļ les √©l√®ves √©taient comme de grosses brebis suant dans leurs habits sales, et dormaient dans l'atmosph√®re empuantie de l'√©tude, sous la lumi√®re du gaz, dans la chaleur fade du po√™le¬†!‚Ķ
Rimbaud, Un cŇďur sous une soutane.
‚ô¶ (1865). Par m√©tonymie. Temps pass√© dans l'√©tude. || Les internes travaillent pendant l'√©tude du matin. || L'√©tude de cinq heures, l'√©tude du soir. ‚ÄĒ Ma√ģtre d'√©tude, surveillant les √©l√®ves particuli√®rement durant l'√©tude. ‚áí R√©p√©titeur; pion, surveillant (‚Üí B√Ęcler, cit.¬†3). ‚ÄĒ L'ensemble des √©l√®ves constituant une √©tude. || L'√©tude des petits est plus bruyante que celle des grands.
50.1 L'après-midi, après la classe, et en attendant l'étude surveillée qui ne nous libérait guère que vers sept heures du soir, nous jouions aussi, mais cette fois dans la cour de l'école et sous le préau (…)
Raymond Abellio, Ma dernière mémoire, t. I, p. 113.
3 (1660). Local o√Ļ travaille un notaire, un avou√©, un huissier, un commissaire-priseur, ainsi que ses clercs. || √Čtude encombr√©e de paperasses, de dossiers, de classeurs. || Panonceau signalant une √©tude, une √©tude de notaire. || L'√©tude est au fond de la cour.
51 Il n'y a si vil praticien, qui au fond de son étude sombre et enfumée, et l'esprit occupé d'une plus noire chicane, ne se préfère au laboureur (…)
La Bruyère, les Caractères, VII, 21.
52 L'√Čtude √©tait une grande pi√®ce orn√©e du po√™le classique qui garnit tous les antres de la chicane (‚Ķ) Pr√®s de la fen√™tre se trouvait le secr√©taire √† cylindre du Principal, et auquel √©tait adoss√©e la petite table destin√©e au second clerc (‚Ķ) L'√Čtude avait pour tout ornement ces grandes affiches jaunes qui annoncent des saisies immobili√®res, des ventes, des licitations entre majeurs et mineurs, des adjudications d√©finitives ou pr√©paratoires, la gloire des √Čtudes¬†! Derri√®re le Ma√ģtre-clerc √©tait un √©norme casier qui garnissait le mur du haut en bas (‚Ķ) Les rangs inf√©rieurs du casier √©taient pleins de cartons jaunis par l'usage, bord√©s de papier bleu, et sur lesquels se lisaient les noms des gros clients dont les affaires juteuses se cuisinaient en ce moment(‚Ķ) ni l'avou√©, ni les plaideurs, ni les clercs ne tiennent √† l'√©l√©gance d'un endroit qui pour les uns est une classe, pour les autres un passage, pour le ma√ģtre un laboratoire.
Balzac, le Colonel Chabert, Pl., t. II, p. 1088-89.
‚ô¶ (1690). Par m√©tonymie. Charge du notaire, de l'avou√© avec son personnel, sa client√®le. || Une √©tude importante. || Une des plus grosses √©tudes de Paris. || Acheter une √©tude de notaire. || √Čtude qui se transmet de p√®re en fils. || C√©der son √©tude √† son premier clerc.
53 (‚Ķ) mon patron, homme de plaisir et fort d√©pensier, se trouva dans une g√™ne consid√©rable, et fut oblig√© de vendre sa charge. Quoique en ce moment les √Čtudes n'eussent pas acquis la valeur exorbitante √† laquelle elles sont mont√©es aujourd'hui, mon patron donnait la sienne, en n'en demandant que cent cinquante mille francs.
Balzac, Gobseck, Pl., t. II, p. 638.
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CONTR. Oisivet√©. ‚ÄĒ Don, facilit√©, inspiration.
D√ČR. √Čtudier. ‚ÄĒ (Sur le rad. latin) Studieux.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • Et√ľde ‚ÄĒ Sf Musikst√ľck mit besonderen Schwierigkeiten erw. fach. (18. Jh.) Entlehnung. Entlehnt aus frz. √©tude √úbungsst√ľck , eigentlich Studie , aus afrz. estudi√©, aus l. studium n., eigentlich Drang, Streben, Eifer , zu l. studńďre sich um etwas bem√ľhen,… ‚Ķ   Etymologisches W√∂rterbuch der deutschen sprache

  • etude ‚ÄĒ √©tude —Ą—Ä. [—ć—ā—é/–ī] Et√ľde –Ĺ–Ķ–ľ. [—ć—ā—é/–ī—ć] etude –į–Ĺ–≥–Ľ. [—ć–Ļ—ā—Ć—é/–ī] —ć—ā—é–ī ‚Ķ   –°–Ľ–ĺ–≤–į—Ä—Ć –ł–Ĺ–ĺ—Ā—ā—Ä–į–Ĺ–Ĺ—č—Ö –ľ—É–∑—č–ļ–į–Ľ—Ć–Ĺ—č—Ö —ā–Ķ—Ä–ľ–ł–Ĺ–ĺ–≤

  • Et√ľde ‚ÄĒ √©tude —Ą—Ä. [—ć—ā—é/–ī] Et√ľde –Ĺ–Ķ–ľ. [—ć—ā—é/–ī—ć] etude –į–Ĺ–≥–Ľ. [—ć–Ļ—ā—Ć—é/–ī] —ć—ā—é–ī ‚Ķ   –°–Ľ–ĺ–≤–į—Ä—Ć –ł–Ĺ–ĺ—Ā—ā—Ä–į–Ĺ–Ĺ—č—Ö –ľ—É–∑—č–ļ–į–Ľ—Ć–Ĺ—č—Ö —ā–Ķ—Ä–ľ–ł–Ĺ–ĺ–≤

  • √©tude ‚ÄĒ —Ą—Ä. [—ć—ā—é/–ī] Et√ľde –Ĺ–Ķ–ľ. [—ć—ā—é/–ī—ć] etude –į–Ĺ–≥–Ľ. [—ć–Ļ—ā—Ć—é/–ī] —ć—ā—é–ī ‚Ķ   –°–Ľ–ĺ–≤–į—Ä—Ć –ł–Ĺ–ĺ—Ā—ā—Ä–į–Ĺ–Ĺ—č—Ö –ľ—É–∑—č–ļ–į–Ľ—Ć–Ĺ—č—Ö —ā–Ķ—Ä–ľ–ł–Ĺ–ĺ–≤

  • etude ‚ÄĒ 1837, from Fr. √©tude, lit. study, from O.Fr. estudie (12c.), from L. studium (see STUDY (Cf. study)). Popularized in English by the etudes of Chopin (1810 1849) ‚Ķ   Etymology dictionary

  • Et√ľde ‚ÄĒ Et√ľde: Die Bezeichnung f√ľr ein musikalisches √úbungsst√ľck wurde im 19. Jh. aus gleichbed. frz. √©tude entlehnt, das auf lat. studium ¬Ľeifriges Streben, intensive Besch√§ftigung¬ę (vgl. ‚ÜĎ studieren) zur√ľckgeht ‚Ķ   Das Herkunftsw√∂rterbuch

  • 'Etude ‚ÄĒ [ E] tude ([asl] t[.u]d ), n. [F. See {Study}.] 1. A composition in the fine arts which is intended, or may serve, for a study. [1913 Webster] 2. (Mus.) A study; an exercise; a piece for practice of some special point of technical execution.… ‚Ķ   The Collaborative International Dictionary of English

  • Etude ‚ÄĒ (fr., spr. Et√ľd), 1) Studium; daher Etudiant (spr. Et√ľdiang), Student; 2) Studie, √úbungsst√ľck, ein Musikst√ľck zur √úbung u. Erlangung vorzugsweise der Fertigkeit u. Gel√§ufigkeit, Kraft u. Ausdauer auf den verschiedenen Instrumenten. Man theilt sie ‚Ķ   Pierer's Universal-Lexikon

  • Et√ľde ‚ÄĒ (franz., ¬ĽStudie¬ę), in der Musik allgemeine Bezeichnung f√ľr technische √úbungsst√ľcke, sei es f√ľr die allerersten Anf√§nge im Spiel eines Instruments oder f√ľr die h√∂chste Ausbildung der Virtuosit√§t. Gew√∂hnlich f√ľhrt die E. ein technisches Motiv… ‚Ķ   Meyers Gro√ües Konversations-Lexikon


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